NieR: Automata, robot sexy et patate de forain

NieR: Automata, robot sexy et patate de forain

Ce test de NieR: Automata a été réalisé à partir d'une version éditeur.

Quel début d’année pour nous joueurs. Personne ne m’avait prévenu mais là ça commence à se voir. 2017 est un véritable rouleau compresseur. Un mangeur de temps. Et le jeu vidéo japonais n’en est pas étranger. Bien au contraire puisque une fois encore, une pépite débarque sans crier gare. 

NieR: Automata se situe à la croisée des mondes. Celui de son producteur et scénariste déjanté Yoko Taro et celui du studio qui a Platinum Game. Le jeu est la suite d’un premier épisode sorti en 2004 sur PlayStation 3 et Xbox 360. Pas folichon, ma noté et pas mal beugué, le jeu a toutefois réussi à se construire une base de fans à travers le monde. C’est notamment son scénario qui avait séduit et qui fait qu’on parle encore de ce jeu aujourd’hui. Square Enix a senti le coup et a eu l'excellente idée de proposer à son directeur d'en faire une suite.

C’est donc à celle-ci que l’on s'intéresse aujourd’hui. NieR: Automata reprend les codes de son aîné. On est toujours dans un beat em all en monde simili ouvert. Le gameplay possède une patate folle puisque cette fois-ci c’est le génie et le savoir faire de Platinum Game que l’on a entre les mains. 2B, le robot avec lequel on démarre notre aventure, possède tout un tas de combos toujours plus impressionnants pour défourailler tout ce qui croise sa route. Notre robot est également équipé d'un pod qui permet de tirer en même temps qu'on se bat. L'action est permanente et les temps morts inexistants.

Comme dans le premier épisode de NieR, Yoko Taro réussi à passer d’un genre à un autre en un changement subtile de caméra, en recadrant l’action subitement. On passe d’un beat-em-all à un shooter 2D ou à un twin-stick shooter. C'est fou, ça fonctionne superbement bien et l’effet de surprise est toujours réussi. Le coeur du gameplay reste néanmoins le beat em all et là dessus, le jeu réussi son pari. Platinum Game a fait du bon travail, comme souvent. On aurait peut-être aimer voir des combos plus divers, plus complexes et des ennemis nécessitant de devoir être achevé d’une façon spécifique pour pousser le skill. Mais sinon rien à redire, la caméra suit bien. L’action est lisible. C'est un bon jeu du genre.

Mais ça va plus loin que ça. Ce qu’il faut savoir, c'est que NieR: Automata est un jeu qui se savoure sur la longueur. C’est à la fois une de ses plus grandes qualités mais aussi son plus gros défaut. Je m’explique. Une fois fini, le jeu peut être recommencé afin de découvrir de nouveaux pans du scénario et plusieurs fins alternatives. Plus qu’un new game +, il est ici vivement encouragé de refaire le jeu afin d’obtenir une expérience de jeu complète, comme le veut son créateur. Ceci étant, on devra pour se faire repasser par des endroits dont on aura déjà fait le tour. Ces mêmes endroits qui nous auront certainement déjà lassés si on a effectué les quêtes secondaires qui nécessitent de nombreux aller-retours dans des niveaux en couloirs aux couleurs ternes.

Heureusement, il y a de l’action tout le temps, partout. Le jeu est intelligent dans ce qu’il propose en mécanique de gameplay. NieR: Automata fait partie de cette vague de jeux japonais récents qui sont complètement immanquables car tous exceptionnels dans ce qu’ils proposent, dans ce qu'ils représentent. Mais comme chacun de ceux-ci, NieR: Automata ne s’adresse pas forcément à tous les joueurs. Ou plutôt, tous les joueurs ne verront pas le génie qui réside derrière ce qui s'apparente à un jeu de genre.

Si je peux vous conseiller une chose, c’est d’essayer pour voir. Ce dont je suis certain, c’est que vous passerez un excellent moment. Ne serait-ce que pour les combats taillés par des maîtres du genre et les musiques splendides de Keiichi Okabe qui accompagnent l’action à l'écran. Vous verrez ensuite si l’envie d’aller plus loin se manifeste. Et peut-être qu’alors vous comprendrez pourquoi le jeu de Yoko Taro est un si grand jeu.

JonhyBleez