Critique : For Honor, dans le titre, mais pas en ligne...

Critique : For Honor, dans le titre, mais pas en ligne...

Ce test de For Honor a été réalisé à partir d'une version éditeur.

...car quand l'équipe d'en face joue le surnombre plutôt que le duel d'homme à homme, l'honneur disparait aussi vite que la vie du joueur pris en sandwich entre une épée, une hache et un fléau d'armes.

Dans For Honor, c'est la guerre sur la champs de bataille

Ubisoft nous livre un jeu de combat à la frontière d’un Chivalry et d’un jeu de baston 3D. On prend énormément de plaisir à se mettre sur la tronche dans ce jeu où Samourais, Vikings et Chevaliers profitent d’un subterfuge scénaristique prétexte à la baston entre factions opposées. Plus stratégique et technique que bourrin dans son gameplay, ce qui semble être plutôt lent quand on est spectateur est en réalité rapide, technique et précis une fois la manette ou la souris en main. Le moteur maison AnvilNext nous affiche plein de jolies choses à l’écran et cela donne vie à des affrontements spectaculaires, violents et viscéraux. Oui, c’est du beau travail d'artisan messieurs-dames !

Pierre - Papier - Ciseaux - Coup de hache dans la tête

Le gameplay se veut simple. On choisit parmi trois directions entre haut, gauche ou droite pour positionner sa garde. Un bouton pour les coups puissants, une autre pour les coups rapides, un bouton de charge, et un dernier pour esquiver. Oui, ça semble simple sur papier. Et effectivement, ça l’est dans l’absolu. Mais For Honor fait partie de ces jeux qui sont faciles d’accès, mais difficiles à maîtriser. On est tenté dans un premier temps de se lancer sur le multi pour y essayer l’ensemble des personnages jouables. Puis on se rend assez vite compte que ce n’était pas la chose la plus intelligente à faire. On revient au menu la queue entre les jambes et on lance la campagne solo du jeu.

Construite de façon à pouvoir tester un peu tous les combattants et toutes les situations, cette partie du jeu est en réalité un élément primordiale pour prendre en main les bases du gameplay. C’est selon moi un passage obligatoire pour se lancer dans les arènes sans pitié des modes multijoueur. Le petit tuto au lancement de For Honor ne suffit pas à affronter des joueurs sur le mutli qui auront peut-être plusieurs dizaines d’heures de maîtrise d’un personnage. Un mode entraînement contre l’IA permet également de créer des configurations de combat pour pouvoir s’exercer dans des situations spécifiques. Oui, ça rappelle beaucoup la philosophie d’un vrai jeu de baston, où le mode entraînement est finalement celui où l’on passe le plus de temps.

Les combats à 2 contre 1 feront monter la pression, puis les chaudes larmes de la tristesse

La castagne mais pour qui 

Difficile cependant de savoir à qui s’adresse Ubisoft avec For Honor. Pas suffisamment profond pour intéresser un public “core” de jeux de baston, mais assez complexe toutefois pour ne pas le mettre dans les mains de tout le monde. On le voit sur le multi du jeu d’ailleurs. Comme je l’ai dit il y a quelques lignes, si on dose un personnage pendant plusieurs heures, on peut dérouler et facilement casser des bouches en deux-trois coups d’épée bien placés. C’est assez décourageant dès lors pour le quidam qui se serait connecté au jeu pour décompresser après une journée de dur labeur. Vous en conviendrez, tout le monde n’a pas la possibilité ni même l’envie de s’investir autant dans un jeu pour pouvoir en profiter et pouvoir l’exploiter à son plein potentiel.

Je n’ai pas suffisamment de recul pour émettre une opinion définitive sur la surcouche meta de For Honor qui consiste à conquérir des territoires pour la faction à qui on a prêté allégeance. C’est assez brouillon de fait car on peut jouer pour le compte des Vikings, mais quand même utiliser un Samourai durant les phases de jeu. Ca pique un peu au crane. De plus, on ne voit pas immédiatement ce que permet son implication en terme de point de soutient pour sa faction. On sent que cet aspect du jeu a été bossé chez Ubisoft, mais l'expérience utilisateur qui en découle, même pour une personne avertie, ne donne pas envie de s’y impliquer plus en l'état. Peut-être que d’ici quelques réajustements, la sauce prendra. Mais en attendant, je ne m’y suis pas attardé en conséquence.

Si vis pacem, para la saison de contenu

Le jeu d’Ubisoft est beau, superbement animé et suffisamment profond pour qu’on puisse lui prêter un intérêt sur le long terme. Cependant, sa cible primaire ne me semble pas bien définie et il pourrait dès lors décevoir un joueur qui s’attendait à autre chose peut-être plus dans le fun immédiat. Ubisoft est sur une bonne lancée depuis quelques jeux maintenant et l’éditeur nous a déjà assuré qu’il y aurait un suivi sur la durée pour For Honor. Il faut garder ça à l’esprit.

S’il parvient a recréer ce qu’il a fait avec Rainbow Six Siege par exemple, il se pourrait bien qu’il réussisse à fidéliser une communauté de joueurs prêts à se mettre sur la tronche de façon brutale et technique sur la longueur. Et je pense que c’est à ce moment là que tout le contenu du jeu prendra alors son sens. For Honor est un très bon jeu donc, mais il ne le sera pas forcément entre toutes les mains. 
 

 

 

JonhyBleez