Critique : Final Fantasy XV, pour le meilleur ou pour le pire ?

Cette critique de Final Fantasy XV a été réalisé sur PS4 à partir d'une version éditeur

Final Fantasy XV, on l’aura longtemps attendu. Souvenez-vous. On l’avait découvert sous le nom de Versus XIII, via cette CGI qui à l’époque nous avait retourné l’esprit. On rêvait tous d’avoir ce jeu entre nos mains. Après un développement plus que douloureux, Square Enix nous livre enfin sa version d’un jeu devenu culte avant même sa sortie. Il garde les cicatrices de ces longues années a avoir été découpé, repensé, rafistolé dans la souffrance. Mais il est là et on peut enfin y jouer. On démarre la Regalia et se met en route. Hajime !

Noct, c'est dangereux de conduire la nuit. Tais-toi Ignis et roule !

<troll>Pour vous imprégnez de la couleur émotionnelle qui m’accompagne durant la rédaction de ma critique, je vous invite à écouter Epitaph du groupe de metal allemand Necrophagist.</troll>

On peut voir sur cette image les différentes compétences des persos

La première quinzaines d’heures de ce Final Fantasy XV est une expérience à part entière, riche et prenante. On est comme hypnotisé devant le jeu. On y joue enfin ! On apprend à connaître cette bande de potes dont on (nous joueurs, manette en main) fait partie. Tout semble très naturel et l’impression d’évoluer au sein d’un jeux vidéo s'efface. On a plutôt l'impression d'être le spectateur omniscient de ce road trip entre amis.

On évolue sur un terrain de jeu pas très vivant, plutôt désertique, et pas spécialement grand. Une voiture y passe de temps en temps, pour créer l’illusion, mais on ne rencontre jamais personne, hormis dans ces petits hubs concentrés, qui ont tous la même composition - magasin, zone de repos, restaurant et PNJ. Il n’y a pas de ville ou de village à visiter dans Final Fantasy XV, mis à part Lestallum, seule cité accessible dans ce “monde ouvert”. Notre chemin nous amènera par la suite vers Altissia, une deuxième ville isolée, détachée du reste du jeu. 

Le chocobo est la meilleure façon de se déplacer sur le monde ouvert.

Ce nouvel épisode se divise en chapitre. Et passé la première moitié du jeu, il se transforme. Fini le simili open world et place à un chemin sur rail où la suite de l’histoire continue avec des séquences de jeu éparpillées et sans réel lien entre elles. Le plus dérangeant dans cela, c’est la lourdeur de certains passages, d’un certain chapitre en particulier, et le non sens de nos actions. On enchaîne le tout dans le but que ça se termine. Et le temps semble se rallonger.

Il n’y a pas de plaisir à jouer sur cette partie et c’est d’autant plus accentué par le fait qu’avant ça, et malgré ses nombreux défauts, le jeu nous prenait vraiment aux tripes et l'expérience nous scotchait à l’écran. Heureusement, on peut revenir sur le monde ouvert pour continuer les quêtes en cours et évoluer dans "l'open world". Mais pour faire avancer le scénario, c'est de l'autre côté que ça se passe.

Le retour d'un roi qui termine d’abord son road trip et ses flageolets

Graphiquement, le jeu est assez inégale. Ceci étant, la direction artistique a un charme fou qui m’a permis de passer outre certains détails qui en 2016 font pâle figure pour un jeu de cette envergure. C’est parfois très beau, parfois daté. Cela saute d'autant plus aux yeux sur les clichés de Prompto, l'excellent personnages dont les lignes de textes cristallisent à merveille le ressenti du joueur. Et l’idée des photos qu'il prend tout au long de l'aventure est quant à elle une des features du jeu qui marquera à coup sûr la mémoire des joueurs. Prompto a même son subreddit dédié, c'est tout dire.

La première d'une longue série.

Techniquement aussi c’est parfois bancal. Les problèmes pleuvent. Framerate, collision, caméra, clipping (le combat à Lestallum !). C'est souvent frustrant. D'autant que certains problèmes accompagnent le joueur tout au long de son aventure. À côté de ça, Noctis peut se téléporter comme une flèche durant des combats en temps réel qui se déclenchent sans temps de chargement et en monde ouvert. Ça en jette ! Inégale on vous dit.

Je ne vais pas tout décortiquer, d’autant que les problèmes sont nombreux. Sachez que toutefois, l’aura du jeu est telle que l’on fait abstraction de ceux-ci pour continuer l'aventure. Mais c’est assez fou de se dire que ça a été validé dans l’état. 

Eureka, j’ai… Ignis, on est en plein combat là ! tu sers vraiment à rien 

Le système de combat est simple (une touche d’attaque, une touche de défense, une troisième pour se téléporter), fonctionnel mais pas spécialement prenant. Les combats ne sont pas toujours très lisibles, notamment à cause d’une caméra qui est souvent aux fraises. Les timings d’esquive puis celui de contre qui en découle ne sont pas très précis. Je n’ai jamais vraiment réussi à maîtriser cette partie du jeu, mais l’usage des potions fait qu’on s’en sort toujours plus ou moins facilement.

Les déplacements d'un point A vers un point B sont lourds. Les temps de chargement sont longs. Il faut choisir la façon dont on veut se faire souffrir. Ceci dit, la voiture a cet avantage que l'on peut y écouter de la musique (les OST des anciens Final Fantasy) et nos personnages se parlent durant le trajet. Prompto trouvera même des spots pour faire une pause photo. 

Le sphérier de compétences, un des éléments désormais phare de la saga, est ici difficile à comprendre et pas très pratique à utiliser. De plus, ni l'intitulé d’une compétence ni sa description n’aident à comprendre concrètement ce qu'il en seraensuite sur le terrain. En fait, il y a plusieurs sphériers, tous liés à un élément précis du gameplay (magie, soutien, technique en équipe, exploration...). Il est difficile toutefois de se projeter ou de construire une build bien précis. 

Le sphérier de compétences pour les combats.

No Pain. No Gain.
 

Final Fantasy XV est un jeu unique qui mélange tout, pour essayer de séduire tout le monde. Jeu de chasse, JRPG en monde ouvert, MMO offline. Tout y passe. Pour citer Kamuirobotics “c’est la foir’fouille du jeu vidéo”. Puyo parle lui de “Frankenstein du RPG japonais”. On ne pourrait mieux décrire cet épisode de Final Fantasy. Ceci étant, je pense que tout le monde devrait faire le jeu, s’en faire sa propre expérience, sa propre opinion. Car malgré tout, je dirai qu’au bout du compte, j’ai apprécié jouer à cet épisode de la saga.

J’ai même envie d’aller plus loin, de terminer les chasses, les donjons cachés (la plupart que j’ai fait sont très réussis). Mais tout ça se mérite. Et pour y avoir accès, on devra d’abord se coltiner plusieurs dizaines de quêtes annexes mal foutues, tout droit sorties d’une autre époque. Le jeu semble avoir un contenu haut level assez conséquent et de nombreuses mises à jour ont été annoncées.

Le bateau. Le début de la fin du plaisir.


Un mot sur la bande son signée Yoko Shimomura qui est une vraie merveille. La musique des combats est d’une ultime justesse. Quelle claque. Dans ce jeu, tout ce qui fonctionne le mieux est ce qui plait le plus. Et spécialement tout le côté buddy et les features qui gravitent autour. Que ce soit en combat, dans les animations, dans les interactions entre nos personnages, dans ce qu’ils se disent. C'est là le cœur du jeu et c'est là qu'on prend vraiment du plaisir. À noté aussi, le doublage français qui est exceptionnel. La localisation est également de grande qualité (pas de bras, pas de chocobos <3).

Il faut pour finir souligner la prouesse que Monsieur Hajime Tabata et son équipe a réussi à accomplir. Ce n’était pas gagné, et ils ont pourtant réussi à nous livrer un produit unique qui restera dans les mémoires, et ce d’une manière ou d’une autre. 

Final Fantasy XV. On y va ou on y va pas ? Pouce en haut ou pouce en bas ?

En bonus, un live des musiques de Final Fantasy XV par le London Philharmonic Orchestra avec en guest Madame Yoko Shimomura elle-même.

JonhyBleez