Critique : World of Final Fantasy, nostalgique gnangnan

Critique : World of Final Fantasy, nostalgique gnangnan

World of Final Fantasy est un apéritif pour les nostalgiques de la saga emblématique de Square Enix. Il essaie de conquérir le cœur des anciens à coup d'hommage à tout va, et celui des plus jeunes en piochant ce qui fonctionne ailleurs. Un pari risqué et partiellement réussi.

Press R1 to enjoy

C'est sans trop chercher à comprendre l’histoire que je me lance dans le jeu développé par le studio Tose, habitué des commandes pour les gros studios japonais. Combats aléatoires qui cassent la progression tous les trois pas, de l'action au tour par tour, une histoire de royaume à sauver; on a l'impression de refaire un jeu qu'on a déjà fait il y a une décennie.

On entre dans un univers pastel coloré avec son character design qui fusionne Kingdom Hearts et les figurines pop. Dès le chapitre d'introduction au cours duquel on rencontre nos deux héros, les jumeaux Reynn et Lann, un lourd sentiment de lassitude se fait déjà ressentir. Le rythme est lent, très lent, à se flinguer. On se dit rapidement qu'on va avoir beaucoup de mal à tenir sur plusieurs heures. Alors je ne sais pas si ça vient de moi, qui n'ai plus mis la main sur un jRPG de ce type depuis un petit temps, mais j'ai eu un mal fou à me faire au rythme imposé.

Reynn, Lann et Tama. Meilleure marque de batterie btw

Et là une révélation. La touche R1 qui permet de tout accélérer. Texte, cut-scene, défilement des tours durant les combats,... On peut tout passer en vitesse accélérée. C'est magique. On peut même mettre les combats en mode automatique en appuyant sur une touche, ce qu'on fera volontiers, tant ils sont nombreux, sans challenge, trop passifs et sans aucun punch. Une jauge ATB est pourtant présente durant ces derniers, mais plutôt pour décorer que pour leur donner une dimension stratégique, tant on a peu d'influence sur celle-ci.

Le passage rapide par la touche R1 est la feature qui m'a permis d'avancer dans le jeu, sans quoi il m'aurait été très difficile de continuer. On imagine que cette possibilité laissée au joueur n'est pas le fruit du hasard, que les développeurs étaient conscients que la formule n'est plus d'actualité. C'est d'autant plus vrai pour un public plus jeune que World of Final Fantasy tente d'attirer de façon pas très subtile.

Final Fantasy cross Pokemon

La particularité du titre réside dans la possibilité de pouvoir équiper à chacun de ses héros d'un voire deux mobs du bestiaire appelés Myrages, une fois ceux-ci capturés. On est allé piocher sans trop de vergogne du côté de Pokemon pour tenter de combler les joueurs en manque de chasse aux monstres à capturer. Ceci étant, ça fonctionne plutôt bien et c'est très certainement le meilleur atout du jeu.

Une illustration des combats et du système de pyramide

On pourra se mettre en formation pyramide avec ses Myrages, ce qui permet de créer une seule entité durant les combats. Cela donne la possibilité d'avoir un plus grand nombre de points de vie, de bénéficier des capacités acquises pas ses compagnons ou encore de créer des combos de composition (deux Myrages d'éléments feu par exemple).

Il est possible de faire évoluer ses compagnons grâce à l’expérience obtenue durant les combats et de leur faire acquérir de nouvelles compétences. Le système de progression par sphérier à l'ancienne fonctionne parfaitement mais là encore, c'est du recyclage et la formule, bien qu'adaptée et fonctionnelle, semble figée dans le temps. On ne prend donc aucun risque pour ne pas brusque le joueur dans sa zone de confort.

Un nouveau Final Fantasy mais pour qui ?

World of Final Fantasy est une mise en bouche pour les nostalgiques de la saga et de la formule du jRPG à l'ancienne. On reconnaîtra au produit d’être très propre et bien fini, avec des musiques remixées qui tirent l'ensemble vers le haut. L'apparition de tous les personnages iconiques de la saga est un joli clin d’œil aux anciens mais n'apporte pas grand chose. Quant aux plus jeunes, le côté collectionnïte aigue leur permettra peut-être d'accrocher sur la longueur. Le bestiaire étant bien fourni et les conditions de capture pas toujours évidente. Et surtout, la touche R1 qui sauve le jeu d'une lassitude et d'un rythme vraiment maboule.

JonhyBleez